Le sentimentalisme et la vérité

L’EDITO de la semaine / Le sentimentalisme et la vérité

Posted le 28 janvier 2013 par Rédaction in ChroniquesL’EDITO de la semaineL’EgliseMediasSamuel FOUCART // 79 Comments

 

En voilà deux qui ne font pas bon ménage du tout. Pourtant nous sommes, nous les êtres humains, les rois en matière de mariage à haut risque.

 

 

 Le sentimentalisme et la vérité dans Partages et Enseignements

 dans Partages et EnseignementsAinsi, heureusement que la justice de notre pays ne s’appuie pas sur le sentimentalisme pour rendre ses verdicts, parce que là nous aurions beaucoup plus d’erreurs judiciaires.

Est-ce que la vérité souffre du sentimentalisme ? Sans aucun doute.

Est-ce que la vérité doit faire abstraction de toute forme de sentimentalisme ? Certainement pas, du moins au sens premier du mot. Néanmoins un certain René Guénon, métaphysicien français, avait écrit à ce sujet: «de même qu’une flamme est d’autant plus chaude qu’elle est moins éclairante, le sentiment n’est qu’une chaleur sans lumière (…)». Il voulait dire que le sentiment est une fausse lumière et qu’il s’oppose bien souvent à l’intelligence. Pour lui, considérer le sentiment comme supérieur à l’intelligence amenait du coup à toutes les dérives possibles.

L’expression «sentimentalisme» est d’emblée péjorative. Ce n’est tout de même pas n’importe où que l’on trouve cette phrase : «Professez la vérité dans la charité», c’est dans le Nouveau Testament (Éphésiens 4.15). Tant il est vrai, que certaines vérités ont perdu tout leur impact parce que dites sous le coup de la colère, de la vengeance ou de l’amertume. Il n’empêche que dire la vérité est aussi une marque d’amour.

Aujourd’hui, le sentimentalisme est à l’amour, ce que, dans un autre registre, la pornographie est à la sexualité, et cela dénature absolument tout. Parce que l’on aime quelqu’un, on va se refuser à envisager une vérité qui nous dérange. Cela suppose, par extension et à contrario, que les mêmes personnes animées de sentimentalisme, vont agir par excès de vérité à l’égard de ceux et de celles qu’ils n’aiment pas.

Certes, toute vérité n’est pas bonne à dire, et parfois il vaudra mieux, au nom de l’amour, taire des faits pour éviter un scandale. Bien entendu, qu’aimer son prochain, c’est couvrir sa faute, dans le seul but de l’aider, de lui venir en aide, de lui dire à lui, la vérité et d’en sortir ensemble. C’est étonnant que cet aspect très présent dans le Nouveau Testament par exemple, mais également dans l’Ancien, soit oublié de la part des croyants aujourd’hui.

Il y a des délits, des crimes, pour lesquels le silence vous rend responsable judiciairement parlant. Par exemple dans les cas de pédophilie entre autres, la notion de «secret professionnel» n’est pas retenue sur le plan juridique à l’égard de certaines professions, et en particulier envers les hommes d’Églises.

Le sentimentalisme n’a rien d’une attitude spirituelle. Il provoque l’injustice, il refuse les remises en question salutaires et il prépare le nid de scandales retentissants. Si dans certaines situations, l’amour qui couvre toutes les fautes n’avait pas été confondu  avec le sentimentalisme qui couvre le péché, nous aurions tous pu éviter certains drames.

D’une manière générale, j’aime la parole de Martin Luther : «Péché privé, confession privée, péché public, confession publique» ! Parce qu’il arrive parfois que la place publique ne soit pas celle de Jean 8 et de la religion haineuse, mais bien plutôt celle d’Ésaïe (59.14) voulue par Dieu lui-même. La frontière est mince, j’en conviens et tout est dans la motivation des cœurs. À chacun de savoir où il se situe avec sa conscience, parce qu’il est difficile de juger la conscience des autres.

Il n’y a pas que les journaux à scandales qui éditent des pages entières sur des vérités qui dérangent. Faut-il rappeler Zola et son «J’ACCUSE», désormais célébré par tous comme un hymne à la liberté ? Sauf qu’à l’époque, Zola a été poursuivi par la justice, condamné et qu’il a dû s’expatrier à Londres plusieurs années, avant de mourir dans des conditions que bon nombre d’historiens trouvent étranges et qui toutes ramènent à cet article. Aujourd’hui, l’un des plus vieux journaux français, fonctionnant sans publicité, «Le Canard enchaîné», est à l’affût de vérités souvent bonnes à dire ! Qui s’en plaindrait ? En tout cas pas moi.

«Les blessures d’un ami prouvent sa fidélité» (Proverbes 27.6), mais l’ami blessant doit-il aller demander pardon ? Je ne le crois absolument pas.

Heureusement pour nous que Dieu n’est pas un «sentimentaliste» au sens péjoratif de cette expression, sinon jamais il n’y aurait eu la croix ! Lui, nous aime assez pour savoir qu’il fallait que quelqu’un soit blessé pour nos iniquités. C’est la marque de son amour que ce sacrifice nous révèle.

Samuel Foucart

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