Que penser du  » parler en langues  » (Bible et Nombres)

Que penser du «  parler en langues  »

En plus de vingt ans de fréquentation de nombreuses assemblées évangèliques, en France ou à l’étranger, j’ai souvent entendu des frères (quelquefois) et surtout des sœurs, s’exprimer «  en langues  ». Malheureusement, je n’ai jamais pu être témoin d’une interprétation comme les Ecritures le stipulent. Etant linguiste de formation, j’ai dans certains cas pu discerner des propos incohérents, non articulés et même parfois blasphématoires. Dans certains cas, des prières ou des louanges sont destinées à Marie!!!, des «  Esprits Saints !!! », ou même des entités démoniaques… Des satanistes se gaussent des chrétiens en infiltrant leurs assemblées où ils dissimulent leurs attaques en paroles grâce au «  parler en langues  ».

Le Dr Rebecca Brown dans son livre «  Il est venu libérer les captifs  », donne parmi plusieurs témoignages, celui d’une ex-sorcière qui, sur ordre de Satan, s’infiltrait dans les communautés chrétiennes en vue de les démolir. A la page 257 elle dit notamment: « Il est habituel dans les Eglises charismatiques que beaucoup de gens parlent et prient en langues ensemble, dans des cultes ou des réunions de prières, sans que ces parlers en langues soient interprétés. Les satanistes tirent de grands avantages de cette pratique. Lorsque j’étais au service de Satan je parlais régulièrement en langues dans tous les cultes et réunions de prières. Et les autres satanistes avec lesquels je travaillais en faisaient autant. Personne n’interprétait. Nous maudissions l’Eglise, le pasteur, les chrétiens et Dieu! Et personne ne s’en doutait…

Mon intention n’est donc pas de susciter des divisions, de polémiquer mais de mettre en garde et d’éveiller une attitude critique chez ceux qui souhaitent acquérir ce don pour pouvoir s’exprimer en langues, le pratiquent ou sont témoins de ces pratiques qui vont s’accentuant, en phase avec les dérives de certaines communautés qui se placent sous coupe d’esprits séducteurs.

Ne parlons pas de ceux qui osent s’exprimer «  au Nom de l’Eternel  » avec des «  en vérité, en vérité je vous le déclare  », «  L’esprit vous dit que…  »… l’expérience montre que toutes les prophèties annoncées au travers de ces «  paroles de connaissance  » ne se réalisent jamais ou engagent même parfois des croyants sur des voies d’égarement qu’ils doivent assumer leur vie durant comme pour l’exemple classique du choix désastreux d’un conjoint.

Que penser du

Questions posées aux Charismatiques et aux Pentecôtistes

 Si le «  parler en langues  » revêt une telle importance de nos jours, pourquoi ce don spirituel cité en Corinthiens a t-il disparu pendant pratiquement 19 siècles ?

 Pour quelle(s) raison(s) un groupe demanderait-il à sa communauté de pratiquer le «  parler en langues  » que La parole de Dieu de son côté ne commande ou ne recommande ?

 Que penser de soi-disant «  missionnaires  » par exemple, qui doivent effectuer de longs séjours dans un pays étranger pour en apprendre la langue comme le feraient ceux qui ne possèdent pas le don spirituel du «  parler en langues «  .

«  […] Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure: si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème!  » (Galates 1/6-9).

 Pourquoi vouloir calquer une pratique de culte en prenant pour modèle une Eglise de Corinthe qui tolérait l’inceste, l’ivrognerie, la fornication, les divisions, les querelles, les poursuites en justice, l’idolâtrie, l’immaturité spirituelle, le port de cheveux longs chez les hommes, l’irrespect à propos de la cène… jusqu’à ce que l’apôtre Paul les réprimande à ce sujet ?

 Pourquoi le don particulier du «  parler en langues  » se distinguerait-il au point d’être le seul à être pris en compte tout en ignorant les autres comme «  l’immunité contre les poisons  ».

«  […] Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; ils saisiront des serpents; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris. (Marc 16/17-18).

 Dans le livre des Actes tous les exemples concernant le don particulier du «  parler en langues  » s’adressent aux juifs pour les convaincre de la véracité des faits alors qu’aujourd’hui, la pratique de ce don s’exerce au cours d’offices auxquels n’assiste aucun juif.

«  […] Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres: Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens? Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle? (Actes 2/4-8).

«  […] Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. (Actes 10/44-46).

«  […] Pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir parcouru les hautes provinces de l’Asie, arriva à Éphèse. Ayant rencontré quelques disciples, (19:1) il leur dit: (19:2) Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru? Ils lui répondirent: Nous n’avons pas même entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. Il dit: De quel baptême avez-vous donc été baptisés? Et ils répondirent: Du baptême de Jean. Alors Paul dit: Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire, en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient. Ils étaient en tout environ douze hommes. Ensuite Paul entra dans la synagogue, où il parla librement. Pendant trois mois, il discourut sur les choses qui concernent le royaume de Dieu, s’efforçant de persuader ceux qui l’écoutaient. (Actes 19/44-8).

 Comment peut être justifiée la pratique du «  parler en langues  » dans la mesure où même au temps où il était permis de l’exercer, les Ecritures ne font jamais mention du salut d’une seule âme grâce à elle?

«  […] Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons,(1 Tim 4/1).

«  […] Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là. Il en est parmi eux qui s’introduisent dans les maisons, et qui captivent des femmes d’un esprit faible et borné, chargées de péchés, agitées par des passions de toute espèce, apprenant toujours et ne pouvant jamais arriver à la connaissance de la vérité. (2 Tim 3/1-7).

 Pourquoi de nombreux groupes pratiquant le «  parler en langues  » remplacent le salut selon la parole de Dieu et la manifestation de Sa Grâce par la doctrine du salut par les œuvres:

«  […] Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. (Mat 24/11).

«  […] Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? 23* Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. (Mat 7/22-23).

«  […] Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un. (Jean 10/28-30).

«  […] En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. (Jean 5/24).

«  […] Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue. Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, (Jean 1/9-12).

«  […] Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. (1 Jean 5/1-12).

 Cette activité aurait-elle pour but d’asservir ou de soumettre à une forme de contrôle des fidèles qui «  manqueraient  » d’une certaine forme de «  spiritualité  »?

«  […] Tous ceux qui veulent se rendre agréables selon la chair vous contraignent à vous faire circoncire, uniquement afin de n’être pas persécutés pour la croix de Christ. Car les circoncis eux-mêmes n’observent point la loi; mais ils veulent que vous soyez circoncis, pour se glorifier dans votre chair. (galates 6/12-13).

«  […] Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie? ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue? Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur. Et si quelqu’un l’ignore, qu’il l’ignore. (1 Cor 14/36-38).

 Pourquoi rencontre t-on tant de femmes qui «  prêchent  » dans ces mouvements alors que La Parole de Dieu nous met sérieusement en garde sur ce point.

«  […] Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence. (1Ti 2/11-12).

 Quelle est la nature d’une motivation qui pousse un groupe à revendiquer le renouvellement d’une pratique d’un don dont les Ecritures nous disent qu’il était justifié pour les temps apostoliques (c’est à dire du temps des apôtres) et que par conséquent, il aurait dû disparaitre de nos jours.

«  […] La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra  ». (1 Cor 13/8).

Jésus-Christ représente en effet «  ce qui est parfait  » et il est venu.

 Pourquoi le «  parler en langues  » est-il seulement mentionné dans une seule des épîtres de Paul et ce de manière restrictive?

 Pourquoi mettre tant d’emphase sur une activité qui n’est en importance relative que le 1/2000eme par exemple de celle de prêcher?

«  […] mais, dans l’Église, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue. (1 Cor 14/19).

 Pourquoi cette pratique est-elle le seul dénominateur commun entre des communautés qui à première vue peuvent suivre des principes théologiques totalement opposés comme entre les Catholiques Romains et les Presbytériens.

«  […] C’est aussi pour eux qu’Énoch, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes: Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d’impiété qu’ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu’ont proférées contre lui des pécheurs impies. Ce sont des gens qui murmurent, qui se plaignent de leur sort, qui marchent selon leurs convoitises, qui ont à la bouche des paroles hautaines, qui admirent les personnes par motif d’intérêt. Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des choses annoncées d’avance par les apôtres de notre Seigneur-Jésus Christ. Ils vous disaient qu’au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies; ce sont ceux qui provoquent des divisions, hommes sensuels, n’ayant pas l’esprit  ». (Jude 14-19).

 La Bible, dans de nombreux versets, énonce clairement que le Saint-Esprit est acquis dés sa conversion et sa prise de conscience du salut chez le croyant :

«  […] En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire. (Ephésiens 1/13-14).

«  […] car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. (Romains 8/14-16).

«  […] De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. (Romains 8/26-27).

«  […] Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. (II Thess. 2/13).

«  […] Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous? (1 Cor 3/16).

«  […] Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? (1 Cor 6/19).

Alors pourquoi tenter de faire croire que la Bible est fausse et qu’il appartient au croyant de faire des efforts pour recevoir l’Esprit Saint?

 Jésus a lui-même indiqué que le Saint-Esprit « ne parlera pas de lui-même« . Alors pourquoi lui conférer un tel pouvoir d’un côté et l’ignorer totalement de l’autre au moment du baptême « au nom de Jésus » et seulement en invoquant Son nom.

«  […] Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. (Jean 16/13).

 Quelle devrait être l’attitude du croyant vis-à-vis de ces mouvements.

«  […] Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde  ». (1 Jean 4/1-3).

«  […] et ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les  ». (Ephésiens 5/11).

«  […] Et si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte. Ne le regardez pas comme un ennemi, mais avertissez-le comme un frère  ». (2 Thess. 3/14-15).

 

 

 

LE PARLER EN LANGUES

Alain Leycuras

(Action Biblique – Marseille )

colorlin dans Partages et Enseignements

 

 

LE PROBLEME POSE

 

 

Le phénomène connu aujourd’hui sous le nom de « parler en langues » ou « glossolalie » est apparu au début du XXème siècle avec la naissance du Pentecôtisme.

Dans ce mouvement, l’expérience chrétienne est dissociée en deux étapes: la conversion, et le baptême du Saint-Esprit, dont le signe initial est le « parler en langues« .

Dans les années soixante, l’expérience Pentecôtiste du parler en langues s’étend à de nombreux milieux, qui n’ont parfot de nouveau dans une situation particulière, assez différente il est vrai des 2 premières.

 

Le parler en langues expliqué

 

Les chapitres 12 à 14 de la première lettre de Paul aux Corinthiens constituent le seul passage des épîtres où la question du parler en langues est abordée. Ce passage est toutefois suffisant pour nous éclairer pleinement quant à la nature et au but de ce don.

- Au chapitre 12, nous voyons que le parler en langues est rangé au nombre des dons spirituels;

- Au chapitre 13, que l’amour est plus important que tous les dons;

- Au chapitre 14, que dans l’Eglise le don de prophétie, en attendant que soit achevée la révélation écrite, est plus utile que le parler en langues.

 

Chap. 12: le parler en langues est au nombre des dons spirituels.

Tout au long du chapitre 12 de sa première épître, Paul instruit les Corinthiens sur la véritable fonction des dons spirituels: ils ne sont pas distribués pour l’avancement et l’édification de celui qui les reçoit, encore moins pour sa mise en valeur, mais pour son service auprès des autres, pour « l’utilité commune » en vue de l’édification du corps (12/7).

Il ne sont d’ailleurs pas en eux-mêmes un signe et une garantie de spiritualité pour celui qui les possède, comme ne le prouve que trop l’exemple des Corinthiens. Il ne leur manquait « aucun don » (1 Co 1/5-7), mais ils étaient pourtant désespérément charnels (1 Co 3/1-4)!

Puisque les dons concernent le service, il est normal que dans le corps tous n’aient pas les mêmes dons, mais que « le Saint Esprit les distribue à chacun en particulier comme il veut » (1 Co 12/11), de façon à ce que les membres du corps soient complémentaires les uns des autres dans leurs différents services et leurs différentes fonctions au sein du corps.

Tous ne parlent pas en langues (v. 10, 28, 30), et il ne manque rien à ceux qui ne parlent pas en langues sous l’angle de leur propre expérience chrétienne: ils sont tout autant « baptisés dans l’Esprit » et intégré au corps de Christ que ceux qui parlent en langues (v. 13).

Il est vrai que l’apôtre écrit plus loin aux Corinthiens: « Je désire que vous parliez tous en langues » (1 Co 14/5), mais il est bien évident qu’il se place là sur leur terrain et s’accommode à leur puérilité. Puisqu’ils sont tellement à l’affût de ce don, il leur dit avec condescendance: « Je veux bien que vous parliez tous en langues« … mais dans tout le reste du chapitre, il cherche à les dissuader d’aspirer au parler en langues comme s’il s’agissait d’un don indispensable, et à les persuader de rechercher plutôt le don de prophétie, plus utile à l’édification de l’Eglise, tant que celle-ci n’était pas encore en possession de la totalité de la révélation écrite!

 

Chap 13: l’amour est plus important que tous les dons.

L’amour est « la voie par excellence » pour rechercher « les dons les meilleurs« , ce qui est le plus utile aux autres (12/31).

L’amour n’est pas lui-même un don spirituel, mais le fruit que la vie de l’Esprit doit porter en chaque croyant (cp Ga 5/22).

Quelque nombreux et impressionnants que puissent être les dons – même jusqu’à parler la langue des anges, ou à avoir la science de tous les mystères et toute la connaissance, ou encore la foi jusqu’à transporter des montagnes, si de telles choses étaient possibles -, s’il n’y a pas l’amour, cela ne sert absolument à rien.

L’importance relative des dons par rapport à l’amour est aussi mise en évidence par le fait que les dons ne sont que pour un temps – « les langues cesseront » (v. 8) -, alors que l’amour demeure éternellement.

Certains dons ont disparu dès la fin de la période apostolique – dont celui des langues -, d’autres subsisteront jusqu’à la venue du Seigneur parce que l’Eglise en aura besoin jusque là, mais l’amour n’aura point de fin. Il subsistera même quand la foi et l’espérance ne seront plus nécessaires, parce que leur objet sera réalisé.

Chap 14: dans l’Eglise, le don de prophétie est plus utile que le parler en langues.

Au chapitre 14, une comparaison est faite, sous l’angle de l’utilité dans l’église entre le don des langues et le don de prophétie… au désavantage du don des langues, moins utile que celui de prophétie par lequel l’église était alors instruite. Aujourd’hui, nous n’avons plus à attendre de nouvelles révélations par prophéties, car nous possédons dans le canon achevé des Saintes Ecritures tout ce qui est nécessaire à notre foi et à notre marche chrétienne.

En fait, dans les listes de dons spirituels utiles à la vie de l’Eglise que nous trouvons dans ces chapitres, le don des langues, avec son corollaire le don d’interprétation, vient toujours en dernière place (1 Co 12/10,28,30)!

 

Nature, usage et but du parler en langues biblique

 

L’étude attentive de l’ensemble des textes de l’Ecriture qui mentionnent le parler en langues nous permet d’établir les faits suivants:

- Les « langues » du NT étaient toujours des langues terrestres existantes;

- Elles ne servaient pas à prêcher, mais à louer Dieu;

- Elles étaient avant tout un signe pour les non croyants.

 

Des langues terrestres existantes.

La première manifestation du parler en langues dans les Ecritures (Ac 2) ne laisse planer aucun doute: il s’agit bien de la capacité donnée par le Saint Esprit de s’exprimer dans des langues étrangères non apprises.

Ces langues sont reconnues et comprises par les Juifs de toutes les nations réunis à Jérusalem le jour de la Pentecôte, et c’est bien ce qui les frappe d’étonnement. C’est un prodige étonnant en effet, mais parfaitement vérifiable!

Les autres manifestations du parler en langues dans les Actes ne sont pas décrites, mais seulement mentionnées: « ils les entendaient parler en langues » (10:46), « et ils parlaient en langues et prophétisaient » (19/6). La nature du phénomène étant supposée connue du lecteur, une nouvelle description n’est pas nécessaire.

Ce simple fait prouve qu’il n’y avait pas à l’époque apostolique un autre parler en langue que celui de la Pentecôte.

L’enseignement de Paul en 1 Co 14 le confirme clairement. Expliquant le but des langues aux v. 20-22, l’apôtre cite la prophétie d’Es 28/11-12: « C’est par des hommes d’une autre langue et par des lèvres d’étrangers que je parlerai à ce peuple« . C’est précisément parce que les langues sont celles des nations qu’elles sont un signe pour Israël.

Certains croient pouvoir se fonder sur 1 Co 14/2 – « celui qui parle en langues…personne ne le comprend » – pour affirmer que le parler en langues pratiqué à Corinthe était différent de celui des Actes.

Mais l’explication de cette parole est simple, et l’apôtre la donne d’ailleurs lui-même plus loin, aux v. 10-11: il est évident que si quelqu’un se met à parler une langue étrangère dans une église en un lieu donné, les fidèles de cette église, qui sauf exception ne connaissent pas cette langue, ne comprendront généralement pas ce qu’il dit, à moins que quelqu’un ne traduise. C’est d’ailleurs pourquoi Paul demande que l’on s’abstienne de parler en langues dans l’église s’il n’y a pas d’interprète (v. 28).

Les expressions « c’est en esprit qu’il dit des mystères » (v. 2) et « mon intelligence demeure stérile » (v. 14) ont aussi donné lieu à des diverses interprétations.

Ce qui est dit en langues n’est pas en soi inaccessible à l’intelligence, puisque cela peut être compris si l’on connaît la langue ou s’il y a interprétation. Et celui qui parle, bien qu’il ne connaisse pas la langue dans laquelle il s’exprime, sait néanmoins parfaitement lui-même ce qu’il exprime. Mais pour que ce qu’il dit édifie et instruise aussi les autres (v. 19), il vaut mieux qu’il le dise « avec son intelligence« , c’est-à-dire que son intelligence doit faire l’effort de formuler les choses de manière à être compris des autres. Sinon, elle « demeure stérile » en ce qui concerne la communication des vérités exprimées, et les autres ne sont pas édifiés. Les v. 14-19 montrent bien que c’est le souci de la communication et de l’édification qui est constamment présent dans la pensée de Paul.

Quant au mot « mystère« , il ne désigne pas dans l’Ecriture quelque vérité qui ne pourrait être appréhendée par l’intelligence, mais à laquelle on ne pourrait accéder qu’au-travers de quelque expérience mystique. Il désigne plutôt une vérité précédemment cachée et maintenant révélée. C’est ainsi que Paul parle par exemple du « mystère de la piété » (1 Ti 3:16), du « mystère de l’Eglise » (Ep 3/3-12) ou du « mystère de l’enlèvement de l’Eglise » (1 Co 15/51-53), mystères dont il dit en quoi ils consistent et qui nous sont intelligibles du moment qu’ils sont exprimés dans notre langue.

«  […] Voici, je vous dis un mystère: nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’oeil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité. (1 Co 15/51-53).

 

Des louanges adressées à Dieu.

En Ac 2, nous voyons que les langues ne servent pas à prêcher, mais à « parler des merveilles de Dieu« . Les croyants qui parlent en langues le jour de la Pentecôte ne s’adressent pas à la foule, mais à Dieu, qu’ils louent dans les différentes langues par lesquelles il leur est donné de s’exprimer. Ce prodige attire l’attention de la foule, et la prépare à la prédication de Pierre.

En Ac 10 de même, les fidèles circoncis entendent les païens « parler en langueset glorifier Dieu« .

Cet usage normal du don des langues est pleinement confirmé par tout le chapitre 14 de 1 Corinthiens, et en particulier par le v. 2: « Celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu« , ainsi que par les v. 14-17, où il n’est question de l’usage des langues que pour la prière et les actions de grâces.

Les langues ne servaient donc jamais à s’adresser aux hommes, à l’inverse de la prophétie qui elle s’adressait toujours à eux: « Celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes mais à Dieu… Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes… » (v.2-3).

 

 

Un signe pour les non croyants.

Le texte-clé est ici 1 Co 14/20-22.

«  […] Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement; mais pour la malice, soyez enfants, et, à l’égard du jugement, soyez des hommes faits. Il est écrit dans la loi: C’est par des hommes d’une autre langue Et par des lèvres d’étrangers Que je parlerai à ce peuple, Et ils ne m’écouteront pas même ainsi, dit le Seigneur. Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les croyants. (1 Co 14/20-22.)

Après avoir exhorté les Corinthiens à « ne pas être des enfants sous le rapport du jugement » (cp 12:1-3; Ep 4:14), il leur expose quel est le but du parler en langues, but qui semble leur avoir échappé: il devait être un signe, et ce signe ne s’adressait pas aux croyants mais aux non croyants, et plus précisément aux Juifs

Les langues ne sont pas un signe pour les croyants, car les croyants n’ont pas besoin de signes mais de la Parole de Dieu qui seule fonde et nourrit leur foi (cp Ro 10/17).

Elles sont donc un signe pour les non croyants, et plus précisément pour les juifs, ainsi qu’il ressort de la citation que fait Paul la prophétie d’Es 28/11-12: « ce peuple« , c’est Israël.

Dieu a fait alliance avec Abraham et avec sa descendance, et il a confié Ses révélations à Israël, Son peuple (cp Ro 3:1). Tout la Révélation de l’AT est consignée en langue hébraïque. Pour les Juifs, les langues païennes, qui servaient à invoquer les idoles, étaient impures. La multiplicité des langues résultait d’ailleurs du jugement de Dieu à Babel (Ge 11/1-9).

Or, à cause de leurs désobéissances et de leurs infidélités, Dieu leur annonce ce jugement solennel par la bouche d’Esaïe:

« C’est par des hommes d’une autre langue

Et par des lèvres d’étrangers

Que je parlerai à ce peuple,

Et ils ne m’écouteront même pas ainsi, dit le Seigneur« .

Cette prophétie a reçu un premier accomplissement lorsque les armées Assyriennes et Babyloniennes ont envahi Israël (2 R 17) et Juda (2 R 24-25) et emmené le peuple en captivité, ainsi que l’avait aussi annoncé Moïse en De 28:49: »L’Eternel fera partir de loin, des extrémités de la terre, une nation qui fondra sur toi d’un vol d’aigle, une nation dont tu ne comprendras point la langue« .

Mais la prophétie d’Esaïe devait recevoir un second accomplissement, infiniment plus solennel, après qu’Israël ait rejeté le Fils de Dieu Lui-même, et ne se soit pas même laissé convaincre de son péché après Sa résurrection et la venue du Saint Esprit.

Ce second accomplissement, imminent, est annoncé par le parler en langues, qui signifie que désormais Dieu se détourne de Son peuple et se tourne vers les païens qui le loueront dans leurs différentes langues (cf Ac 13:46-48; 18:6).

Bientôt les nations envahiront de nouveau Israël et le disperseront loin de son pays. C’est ce qui est effectivement arrivé en l’an 70: les armées romaines sont venues détruire Jérusalem et le Temple, et disperser les Juifs parmi les nations pour de nombreux siècles, accomplissant ainsi exactement ce que dont le Seigneur Lui-même avait averti Son peuple (Lu 21/20-24; Mt 24/1-2).

«  […] Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche. Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui seront dans les champs n’entrent pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! Car il y aura une grande détresse dans le pays, et de la colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis. (Lu 21/20-24).

«  […] Jésus s’en allait, au sortir du temple, ses disciples s’approchèrent pour lui en faire remarquer les constructions. Mais il leur dit: Voyez-vous tout cela? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée. (Mt 24/1-2).

Cette finalité des langues est illustrée par le récit historique du livre des Actes, où nous voyons qu’en chacune des 3 occasions où le parler en langues se manifeste, il est effectivement un signe pour les Juifs.

- Ac 2/5: « Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs… »

La signification du parler en langues n’a sûrement pas échappé à ces Juifs qui se sont écriés, en entendant la prédication de Pierre: « Hommes frères, que ferons-nous?  » (Ac 2/37)!

- Ac 10/45 « Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre… »

Pour les Juifs, l’ouverture aux païens de la porte du salut constituait une grande nouveauté, et ce n’est pas sans peine que leurs préjugés nationaux et religieux ont fini par tomber.

Dieu a du d’abord convaincre Pierre lui-même de se rendre chez Corneille (Ac 10/9-22,28,34-36), puis Pierre a du défendre son attitude face aux reproches des chrétiens juifs de Jérusalem (Ac 11/1-18).

«  […] Les apôtres et les frères qui étaient dans la Judée apprirent que les païens avaient aussi reçu la parole de Dieu. Et lorsque Pierre fut monté à Jérusalem, les fidèles circoncis lui adressèrent des reproches, en disant: Tu es entré chez des incirconcis, et tu as mangé avec eux. Pierre se mit à leur exposer d’une manière suivie ce qui s’était passé. (11:5) Il dit: J’étais dans la ville de Joppé, et, pendant que je priais, je tombai en extase et j’eus une vision: un objet, semblable à une grande nappe attachée par les quatre coins, descendait du ciel et vint jusqu’à moi. Les regards fixés sur cette nappe, j’examinai, et je vis les quadrupèdes de la terre, les bêtes sauvages, les reptiles, et les oiseaux du ciel. Et j’entendis une voix qui me disait: Lève-toi, Pierre, tue et mange. Mais je dis: Non, Seigneur, car jamais rien de souillé ni d’impur n’est entré dans ma bouche. Et pour la seconde fois la voix se fit entendre du ciel: Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. Cela arriva jusqu’à trois fois; puis tout fut retiré dans le ciel. Et voici, aussitôt trois hommes envoyés de Césarée vers moi se présentèrent devant la porte de la maison où j’étais. L’Esprit me dit de partir avec eux sans hésiter. Les six hommes que voici m’accompagnèrent, et nous entrâmes dans la maison de Corneille. Cet homme nous raconta comment il avait vu dans sa maison l’ange se présentant à lui et disant: Envoie à Joppé, et fais venir Simon, surnommé Pierre, qui te dira des choses par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison. Lorsque je me fus mis à parler, le Saint-Esprit descendit sur eux, comme sur nous au commencement. Et je me souvins de cette parole du Seigneur: Jean a baptisé d’eau, mais vous, vous serez baptisés du Saint-Esprit. Or, puisque Dieu leur a accordé le même don qu’à nous qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, pouvais-je, moi, m’opposer à Dieu? Après avoir entendu cela, ils se calmèrent, et ils glorifièrent Dieu, en disant: Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu’ils aient la vie. (Ac 11/1-18).

Pour les fidèles circoncis qui accompagnaient Pierre chez Corneille, le parler en langues des païens a constitué le signe et la confirmation que désormais le salut leur était aussi offert.

- Ac 19: les 12 disciples de Jean Baptiste sont des Juifs.

Ici, il semble que le parler en langues n’ait pas eu d’autres témoins que Paul et les 12 disciples, mais rien n’exclut qu’il en ait eu d’autres. Il a constitué en tout cas pour les disciples un signe du changement d’économie intervenu depuis le ministère de Jean Baptiste, le dernier prophète de l’Ancienne Alliance, avec la mort et la résurrection de Christ et la descente du Saint Esprit.

Pourquoi le parler en langues s’est-il aussi manifesté à Corinthe?

Le récit de la visite de Paul dans cette ville en Ac 18/1-7 laisse entendre qu’il s’y trouvait une importante communauté de Juifs.

L’église elle-même devait comporter une bonne proportion de Juifs convertis, et son témoignage devait toucher de nombreux Juifs à l’extérieur (cf 1 Co 10:1 « nos pères« ).

Deux conséquences capitales pour notre étude découlent du but des langues ainsi défini:

- Le parler en langues n’est pas à sa place dans les réunions de l’église.

- Le parler en langues devait cesser rapidement.

Le parler en langues n’est pas à sa place dans les réunions de l’église.

Si les langues doivent être un signe pour les non-croyants, pour ceux du dehors, elles n’ont pas vraiment leur place dans la vie communautaire de l’Eglise. C’est ce dont Paul s’efforce de convaincre les Corinthiens tout au long du Chapitre 14 de sa première épître, où les mots « dans l’église » reviennent comme un leit motiv.

Elles peuvent accessoirement, il est vrai, édifier les croyants dans la mesure où elles sont interprétées, mais ni plus ni moins que toute louange montant vers Dieu dans la communauté. C’est pourquoi Paul n’interdit pas formellement l’usage dans l’église de ce authentique don spirituel.

Mais leur destination première n’étant pas de servir dans l’église, l’apôtre en limite l’usage dans ce contexte à deux ou trois au plus, à condition toutefois que quelqu’un interprète (v. 27-28).

Dans le livre des Actes, le parler en langues n’est jamais mentionné en rapport avec la vie des églises, mais toujours à l’occasion de « réunions d’évangélisations » où des Juifs sont présents (cf par exemple Ac 2/41-47).

«  […] Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes. Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres. Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés. (Ac 2/41-47).

En ce qui concerne les églises fondées par Paul au cours de ses voyages missionnaires, le don des langues s’est peut-être manifesté en d’autres lieux qu’à Corinthe, mais il n’en est nulle part question dans les épîtres adressées à ces églises. C’est bien la preuve qu’il n’occupait en tout cas aucune place dans leur vie communautaire.

Le parler en langues devait disparaître rapidement.

Sans préciser davantage, l’apôtre dit que « les langues cesseront » (13/8). L’histoire nous apprend qu’elles ont effectivement cessé, avec d’autres dons spirituels d’ailleurs (comme celui de prophétie), à la fin de l’âge apostolique.

Compte tenu de la spécificité de son but – signifier aux Juifs leur mise à l’écart au profit des païens -, il était tout à fait prévisible qu’une fois que ce fait serait suffisamment établi, les langues deviendraient sans objet et disparaîtraient.

Le fait de la mise à l’écart d’Israël est devenu une évidence historique en l’an 70 de notre ère.

Quelle utilité pouvait encore avoir le signe des langues une fois cet événement accompli? Plus aucune, et c’est pourquoi il s’est éteint.

A plus forte raison, quelle utilité pourrait avoir une résurgence de ce don 19 siècles après ces événements?

 

 

LE PARLER EN LANGUES ACTUEL

 

Le « parler en langues » actuel est-il l’authentique don biblique du parler en langues? En a-t-il les caractéristiques, et vise-t-il le même but?

Il n’est pas un parler de langues existantes.

Le « parler en langues » actuel n’est pas un parler en langues étrangères existantes. Il n’a même pas les caractéristiques d’un langage organisé, mais consiste en une émission de sons incohérents et incompréhensibles, qui peuvent recevoir autant « d’interprétations » qu’il y a d’interprètes. Ce phénomène de « glossolalie » est d’ailleurs connu en dehors du christianisme.

Les cas de véritables parler en langues étrangères qui ont été avancés doivent être prouvés, et même alors il faudrait que l’on puisse leur reconnaître les autres caractéristiques du parler en langues biblique.

Il ne sert pas à louer Dieu.

Le « parler en langues » actuel est rarement une louange. Il sert le plus souvent à adresser directement ou indirectement aux hommes des « prophéties ».

Il est un signe pour les croyants.

Il se donne comme le signe pour les croyants de leur propre « baptême du Saint Esprit », et l’église le pratique en son propre sein et pour elle-même, en flagrante contradiction avec le but clairement défini des langues dans le NT. Et comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement? Il est évident qu’il ne peut reprendre à son compte, dans le contexte d’aujourd’hui, le but assigné aux langues dans l’Ecriture.

 

CONCLUSION

Nous devons donc en conclure que le parler en langues actuel est une contrefaçon du don biblique, et par conséquent une séduction.

Les Corinthiens faisaient un mauvais usage d’un authentique don spirituel. En cela ils étaient répréhensibles, et l’apôtre leur écrit pour mettre de l’ordre dans cette situation. Il ne met toutefois jamais en question le don lui-même et n’en interdit pas formellement l’usage.

Ce qui se produit aujourd’hui est évidemment différent: il ne s’agit pas simplement du mauvais usage d’un véritable don divin, mais de la recherche et de la pratique d’une « expérience » dont l’origine est attribuée à tort au Saint Esprit. Cette expérience induit les âmes en erreur quant à la véritable nature de l’expérience chrétienne, et les expose à se placer sous l’influence d’esprits séducteurs.

Le « parler en langues » actuel doit donc être dénoncé fermement comme non biblique et ne provenant pas du Saint Esprit, afin que les yeux s’ouvrent et que les âmes échappent aux pièges de l’ennemi. Si Paul usait de beaucoup de condescendance tant que la vérité de l’Evangile n’était pas en cause, il tenait un autre langage en face de l’erreur et de la séduction (cp 2 Co 11/3-4)!

«  […] Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ. Car, si quelqu’un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Évangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien. (2 Co 11/3-4).

Cette fermeté doit évidemment s’accompagner de grâce et d’humilité, car nous devons aussi reconnaître que notre propre expérience spirituelle reste souvent bien en deçà de ce qu’elle devrait être, et de ce qu’elle pourrait être par la grâce de Dieu.

Alain Leycuras

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