Seigneur, apprends-moi à aimer (Dokimos)

Seigneur, apprends-moi à aimer

 

 Nous avons tous ressenti au cours de nos vies un fort sentiment au fond de notre cœur que nous avons instinctivement assimilé à l’amour. Aussi, beaucoup pensent que la capacité d’aimer est innée et qu’ils n’ont par conséquent rien à apprendre sur ce sujet. Or si nous savons si bien nous aimer, pourquoi ne le faisons-nous pas ? Comment se fait-il qu’il y ait tant de divorces, de familles qui se déchirent, et d’amis qui se trahissent ? C’est parce que le péché a faussé notre perception de l’amour ; par conséquent, nous nous aimons mal. Nous devons réapprendre et à aimer, et pour cela nous quel autre meilleur enseignant que Jésus lui-même ?

L’AMOUR SELON LE MONDE

Qu’est-ce que l’amour ? Voici les éléments de réponse que le dictionnaire m’a donnés.

  • Mouvement de dévotion qui porte un être vers une divinité, vers une entité idéalisée ; adhésion à une idée, à un idéal : Amour de Dieu.
  • Intérêt, goût très vif manifesté par quelqu’un pour une catégorie de choses, pour telle source de plaisir ou de satisfaction : Amour des objets d’art. Son amour du jeu le perdra.
  • Affection ou tendresse entre les membres d’une famille : Amour paternel, filial.
  • Inclination d’une personne pour une autre, de caractère passionnel et/ou sexuel : Déclaration d’amour.
  • Liaison, aventure amoureuse, sentimentale, galante : Un amour de jeunesse.
  • Personne aimée (surtout dans des apostrophes) : Mon amour.
  • Représentation symbolique des désirs de l’amour par un très jeune enfant ou un petit cupidon.

L’encyclopédie Larousse a fait un article spécial sur l’amour (sentiment amoureux) et commence par dire ceci : « Sentiment très intense, attachement englobant la tendresse et l’attirance physique entre deux personnes. » [voir l’article ICI]. Voyons donc ce qu’est un sentiment. Et là, entre autres, on nous dit que c’est « un état affectif complexe et durable lié à certaines émotions ou représentations ».  Et qu’est-ce qu’une émotion ? « Trouble subit, agitation passagère causée par un sentiment vif de peur, de surprise, de joie, etc. ; réaction affective transitoire d’assez grande intensité, habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement ».

A l’issue de cette petite étude sémantique, je constate que ces définitions se contredisent entre elles.  En effet, on nous dit qu’un sentiment est un état affectif durable provoqué par un trouble ou une réaction passagère. Plutôt confus comme explication. Les sages de ce siècle qui se sont penchés sur la question n’ont pas su définir l’amour, et cela pour la bonne raison qu’ils ne savent pas vraiment ce que c’est, ou plutôt qui il est. Alors une question s’impose : Comment saurions-nous aimer alors que nous ne savons même pas ce qu’est l’amour ?

MAL AIMER

L’idolâtrie

Toujours selon le dictionnaire, l’idole est une « représentation d’une divinité sous une forme matérielle (image, statue), qui est l’objet d’un culte d’adoration ». Or la Bible est claire au sujet de l’idolâtrie : «Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face. Tu ne te feras point d’image taillée, ni aucune ressemblance des choses qui sont là-haut dans les cieux, ni ici-bas sur la terre, ni dans les eaux sous la terre ; Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car je suis l’Éternel ton Dieu, un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants, jusqu’à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent[…]» Exode 20 :3-5.

On pourrait croire que nos sociétés areligieuses et laïques ne sont pas concernées par l’idolâtrie, or cela est totalement faux. La laïcité suppose simplement une séparation entre l’Eglise et l’État et n’a de ce fait pas vocation à étouffer les convictions religieuses, mais juste à les cantonner dans le domaine du privé [voir article sur la laïcité ICI]. Ainsi, même si l’athéisme a progressé en France, la croyance en un dieu, quel qu’il soit, n’a pas disparue, loin s’en faut. Il n’y a qu’à voir comment les catholiques et les musulmans se sont mobilisés pour contester le mariage homosexuel, l’homoparentalité et tout ce qui s’en suit.

Le dictionnaire donne une seconde définition de l’idolâtrie : « Personne qui est l’objet d’une tendresse ou d’une admiration passionnée de la part de quelqu’un, et, en particulier, vedette de la chanson ou du music-hall adulée par le public ». Cette définition reste cependant incomplète du point de vue des exemples cités, car on pourrait aussi mentionner les dictateurs et les gourous des sectes qui font l’objet d’un culte de la personnalité.

Pour aller plus loin dans notre réflexion, lisons également ces deux passages bibliques.

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi, n’est pas digne de moi ; Et celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui aura conservé sa vie, la perdra ; mais celui qui aura perdu sa vie à cause de moi, la retrouvera. » Matthieu 10 :37-39.

«  Jésus lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cour, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le premier et le grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.» Matthieu 22:34-39.

Dieu veut que nous l’aimions lui en priorité, et que cet amour surpasse celui que l’on porte légitimement à nos parents, à nos enfants et même à notre propre vie. Par conséquent, on peut classer dans la catégorie idole tout ce dont on ne peut pas se passer et qui occupe dans notre cœur une place plus importante que le Seigneur.

La question n’est donc pas de savoir si nous portons des idoles dans nos cœurs, mais de les identifier. En effet, si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous admettrons que nous avons une multitude d’idoles  qui remplissent nos vies : parents, conjoints, enfants, amis, pasteurs, prophètes, stars du petit et du grand écran, de la musique, du sport, de la télévision, l’argent, les vêtements,  la nourriture, et toute passion qui prend dans nos vies une place prépondérante, sans oublier l’amour immodéré que l’on peut se porter à soi-même (égocentrisme).

Est-ce un péché si nous aimons très fort une personne ? Non, mais encore faut-il identifier ce qui est à la base de cet amour.

MJ fansL’idolâtrie n’a pas pour fondement l’amour mais la convoitise, l’envie, la jalousie. On n’aime pas cette personne pour ce qu’elle est, mais pour ce qu’elle représente, et parce qu’on aimerait avoir ce qu’elle a. Voilà pourquoi vous verrez la plupart des idolâtres imiter leur idole dans ses moindres faits et gestes.

Lucifer est passé de l’adoration à la convoitise. « Tu disais en ton coeur : Je monterai aux cieux, j’élèverai mon trône par-dessus les étoiles de Dieu ; je siégerai sur la montagne de l’assemblée, aux régions lointaines de l’Aquilon. Je monterai sur les hauteurs des nues, je serai semblable au Très-Haut.»  Esaïe 14 :13-14.

L’amour que l’on porte à l’idole est intéressé, il est conditionné par le profit qu’on peut en tirer et les circonstances favorables.

« En effet, un nommé Démétrius, orfèvre, qui faisait des sanctuaires de Diane en argent, et qui donnait beaucoup à gagner aux ouvriers» Actes 19 :24.

« Or, il y avait à Lystra un homme impotent de ses jambes, qui était assis ; il était perclus dès le sein de sa mère, et n’avait jamais marché. Il écoutait parler Paul, qui, ayant arrêté les yeux sur lui, et voyant qu’il avait la foi pour être guéri, Dit d’une voix forte : Lève-toi droit sur tes pieds. Aussitôt il sauta, et marcha. Et le peuple, ayant vu ce que Paul avait fait, s’écria, et dit en langue lycaonienne : Des dieux, sous une forme humaine, sont descendus vers nous. Et ils appelaient Barnabas, Jupiter, et Paul, Mercure, parce que c’était lui qui portait la parole. Et même le prêtre de Jupiter, qui était à l’entrée de leur ville, vint devant le porche avec des taureaux et des bandelettes, et voulait leur sacrifier avec la multitude.» Actes 14 :8-13.

« Or Paul ayant ramassé un faisceau de broussailles, et l’ayant mis au feu, une vipère en sortit à cause de la chaleur, et s’attacha à sa main. Et quand les Barbares virent cette bête qui pendait à sa main, ils se dirent les uns aux autres : Assurément cet homme est un meurtrier, puisque après qu’il a été sauvé de la mer, la Justice ne permet pas qu’il vive. Mais lui, ayant secoué la vipère dans le feu, n’en reçut aucun mal. Les Barbares s’attendaient à ce qu’il enflerait, ou qu’il tomberait mort subitement ; mais ayant beaucoup attendu et voyant qu’il ne lui arrivait rien d’extraordinaire, ils changèrent de sentiment, et dirent que c’était un dieu.»Actes 28 :3-6.

Remarquez que la popularité de Jésus dura jusqu’à ce qu’il soit arrêté.  Une fois que les ennuis sérieux ont commencé pour lui, la même foule qui l’avait accueilli triomphalement lorsqu’il est entré dans Jérusalem, a crié « crucifie-le ! » devant Pilate (Matthieu 21 :1-10 ; Marc 15 :1-15). Même les apôtres l’ont abandonné face à ses bourreaux. Ils étaient prêts à partager sa gloire, mais ils ne voulaient pas de son calvaire. Ce type de comportement se vérifie encore de nos jours. Soyez certains que la personne qui vous idolâtre aujourd’hui vous trahira demain.

En tant qu’enfants de Dieu, nous devons combattre l’idolâtrie de toutes nos forces, car elle est un obstacle majeur à l’épanouissement de notre relation avec le Seigneur. N’oublions pas que nul ne peut servir deux maîtres à la fois et que Dieu ne partage pas sa gloire et son honneur avec les idoles (Matthieu 6 :24 ; Esaïe 42 :8). De plus, par notre comportement idolâtre, non seulement nous péchons, mais nous poussons aussi ceux qui sont idolâtrés à pécher par orgueil et à agir comme le fit autrefois Lucifer. Voilà pourquoi, tout serviteur de Dieu doit combattre sans relâche l’idolâtrie dont il peut être l’objet en demeurant dans l’humilité et en rendant constamment à Dieu la gloire qui lui revient.

L’acception de personnes

L’acception de personne est le fait de privilégier une personne par rapport à une autre. Le terme grec employé dans la Bible est « prosopolepsia » qui signifie :

-considération pour les personnes.

-partialité ; la faute de celui qui doit porter un jugement en considération des circonstances extérieures à l’homme et non selon les mérites intrinsèques, et ainsi préfère celui qui est riche, de haute naissance, puissant, à un autre qui n’a pas ces qualités.

Il est donc question ici de juger selon les apparences et d’adopter un comportement en fonction de l’à priori que l’on a.

« Mes frères, que la foi que vous avez en notre Seigneur Jésus-Christ glorifié, soit exempte d’acception de personnes. En effet, s’il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d’or et un vêtement magnifique, et qu’il y entre aussi un pauvre avec un méchant habit ; Et qu’ayant égard à celui qui porte l’habit magnifique, vous lui disiez : Toi, assieds-toi ici honorablement ; et que vous disiez au pauvre : Toi, tiens-toi là debout, ou assieds-toi ici au bas de mon marchepied ;Ne faites-vous pas en vous-mêmes des différences, et n’êtes-vous pas devenus des juges qui avez de mauvaises pensées. Écoutez, mes frères bien-aimés ; Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres de ce monde pour qu’ils soient riches en la foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? Vous, au contraire, vous méprisez le pauvre. Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment et qui vous traînent devant les tribunaux ? Ne sont-ce pas eux qui blasphèment le beau nom qui a été invoqué sur vous ? Si vous accomplissez la loi royale, selon l’Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien ; Mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, étant convaincus par la loi d’être des transgresseurs. » Jacques 2 :1-9.

L’acception de personnes est un péché que les chrétiens pratiquent fréquemment. Nous sommes souvent trompés par l’apparence extérieure des gens et cela nous pousse à adopter des comportements injustes. C’est très grave ! D’autant plus que cela peut nous jouer de très mauvais tours puisque Satan se déguise en ange de lumière pour nous tromper (2 Corinthiens 11 :14). Au lieu d’exercer notre discernement, nous nous laissons trop souvent séduire par ce qui frappe nos yeux. Et dans les faits, il faut bien avouer que l’on va facilement vers les personnes au physique agréable et que nous évitons la compagnie de ceux qui n’ont rien pour attirer nos regards… Ce genre d’attitude vient de la chair et n’honore pas notre Seigneur.

Beaucoup ont une grande considération pour ceux qui exercent un ministère public, avec des manifestations visibles des dons de l’Esprit, tandis qu’ils vont mépriser les membres du Corps de Christ qui font un service pour le Seigneur dans les coulisses. Ainsi, lors des réunions d’Eglise nous sommes fort enclins à remercier le prédicateur pour le message édifiant qu’il vient d’apporter, mais peu s’enquièrent de savoir qui a nettoyé la salle et les toilettes pour que l’on se sente à l’aise. Or nous ne devons pas oublier que Jésus, notre modèle, a prêché devant les foules, guéri les malades, chassé les démons, mais il a aussi distribué la nourriture et lavé les pieds des disciples.

Il ne s’agit pas ici de dire qui a le plus de mérite. Il est vrai que ceux qui enseignement la Parole seront jugés plus sévèrement. Nous devons les aimer et les respecter, car ils ont des responsabilités plus importantes que les autres (Jacques 3 :1). Mais nous ne devons pas oublier que tout est grâce et que c’est le Seigneur lui-même qui établit les uns et les autres dans le ministère, selon son plan et en fonction des capacités qu’il a lui-même mises en nous (Matthieu 25 :15 ; Ephésiens 2 :10). L’amour que Dieu nous porte n’est pas conditionné par nos œuvres. Autrement, nous serions tous dignes de recevoir la haine, la colère et la vengeance de Dieu.

« Mon commandement, c’est que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Jean 15 :12.

La parabole du fils prodigue montre un père qui aimait autant son fils aîné, qui lui avait toujours été fidèle, que le fils cadet qui avait eu un moment d’égarement (Luc 15). Dieu aime les pécheurs, son cœur souffre pour celui qui s’égare.  Qu’en est-il de nous autres chrétiens ? Je dois dire que j’ai connu très peu de personnes qui éprouvent la compassion du Père céleste pour les âmes. Le plus souvent, je constate plutôt l’inverse : anathèmes, condamnations, mépris… Une telle méchanceté parmi les chrétiens atteste que nous sommes à la fin des temps.

Pourtant, la Bible nous enseigne à redoubler d’attention et de prévenances envers les plus faibles, les plus négligés et les moins honorés parmi nous.

« Mais maintenant il y a plusieurs membres, et un seul corps. Et l’oeil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ni encore la tête aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous. Mais bien au contraire, les membres du corps qui paraissent les plus faibles, sont nécessaires. Et ceux que nous estimons les moins honorables dans le corps, nous les entourons d’un plus grand honneur ; de sorte que ceux qui sont les moins honnêtes, sont les plus honorés. Au lieu que ceux qui sont honnêtes, n’en ont pas besoin ; mais Dieu a tellement disposé le corps, qu’il a donné plus d’honneur à celui qui en manquait ; Afin qu’il n’y ait point de division dans le corps, mais que les membres aient un soin mutuel les uns des autres. » 1 Corinthiens 12 :20-25.

 « Et il disait à celui qui l’avait invité : Quand tu fais un dîner ou un souper, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni tes voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour, et qu’on ne te rende la pareille. Mais, quand tu feras un festin, convie les pauvres, les impotents, les boiteux et les aveugles ; Et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent pas te le rendre ; car tu en recevras la récompense à la résurrection des justes.» Luc 14 :12-14.

favoritismeL’acception de personnes provoque des divisions et des rivalités. Cette réalité est attestée par l’histoire de Joseph et ses frères. En usant de favoritisme envers Joseph, Jacob a attisé la jalousie de ses autres fils. Il est devenu sans le vouloir la cause principale de tous les malheurs qui sont arrivés à son petit préféré. Fort heureusement, Dieu avait un plan merveilleux pour cette famille, sinon la fin de cette histoire aurait pu être dramatique. Aujourd’hui encore des familles se déchirent à cause de ce problème, tandis que des nations sont plongées dans le chaos à cause de la corruption liée au favoritisme.

Pour clore ce chapitre, il convient de faire une distinction entre l’acception de personnes et la priorité que l’on doit accorder premièrement aux membres de notre famille charnelle, et ensuite à ceux de notre famille en Christ.

« Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa maison, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle.» 1 Timothée 5 :8.

« C’est pourquoi, pendant que nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux qui sont de la famille de la foi.» Galates 6 :10.

Puisque nous en avons la responsabilité, il est évident et normal que ce soient d’abord les membres de notre famille qui soient l’objet de la plus grande attention et bénéficient en premier lieu de tout le bien qu’on peut faire (dans un cadre légal). Toutefois, le fait que nous les aimions n’a rien d’extraordinaire. Nous saurons si nous sommes animés de l’amour de Dieu lorsque nous saurons le manifester à l’égard de ceux qui ne nous aiment pas.

 « Car si vous n’aimez que ceux qui vous aiment, quelle récompense en aurez-vous ? Les péagers même n’en font-ils pas autant ?» Matthieu 5 :46.

Le sentimentalisme

Les sentiments, du fait de leur caractère instable, relèvent des fruits de la chair tandis que l’amour est un fruit de l’Esprit (Galates 5 :22). Le sentimentalisme peut nous pousser à commettre de grands péchés devant Dieu et à sortir de sa volonté pour notre vie. « Par amour » beaucoup mentent pour ne pas faire de la peine, font preuve d’hypocrisie, acceptent les mauvaises compagnies et se retrouvent dans le compromis. La Bible nous parle de plusieurs personnes qui sont tombées dans ce piège.

Le sacrificateur Eli n’a pas repris ses fils alors qu’ils péchaient ouvertement devant tout le monde. À cause de cela, il provoqua la colère du Seigneur et fit venir le malheur sur lui et toute sa famille.

« En ce jour-là, j’exécuterai contre Héli tout ce que j’ai dit contre sa maison ; je commencerai et j’achèverai. Car je l’ai averti que j’allais punir sa maison pour jamais, à cause de l’iniquité qu’il a connue, et par laquelle ses fils se sont rendus infâmes, sans qu’il les ait réprimés. C’est pourquoi, j’ai juré à la maison d’Héli que jamais l’iniquité de la maison d’Héli ne sera expiée, ni par sacrifice, ni par oblation.» 1 Samuel 3 :12-14.

Le sentimentalisme a poussé Samson à livrer son secret à Dalila alors qu’elle l’avait déjà piégé trois fois. L’amour véritable ne rend pas aveugle, celui qui vient de la chair oui…

« Alors elle lui dit : Comment peux-tu dire : Je t’aime ! Puisque ton coeur n’est point avec moi ? Tu t’es moqué de moi trois fois, et tu ne m’as point déclaré d’où vient ta grande force. Et elle le pressait tous les jours par ses paroles, et le tourmentait, de sorte que son âme en était affligée jusqu’à la mort. Alors il lui ouvrit tout son coeur, et lui dit : Le rasoir n’a jamais passé sur ma tête ; car je suis Nazarien de Dieu, dès le sein de ma mère. Si j’étais rasé, ma force m’abandonnerait, et je deviendrais faible, et je serais comme tout autre homme. Délila, voyant qu’il lui avait ouvert tout son coeur, envoya appeler les princes des Philistins, et leur fit dire : Montez cette fois ; car il m’a ouvert tout son coeur. Les princes des Philistins montèrent donc vers elle, et apportèrent l’argent dans leurs mains. Et elle l’endormit sur ses genoux ; et, ayant appelé un homme, elle lui fit raser sept tresses des cheveux de sa tête. Elle commença ainsi à le dompter, et sa force l’abandonna. Alors elle dit : Les Philistins sont sur toi, Samson ! Et il s’éveilla de son sommeil, et dit : J’en sortirai comme les autres fois, et je me dégagerai de leurs mains. Mais il ne savait pas que l’Éternel s’était retiré de lui. Les Philistins le saisirent donc, et lui crevèrent les yeux. Ils le firent descendre à Gaza, et le lièrent de deux chaînes d’airain ; et il tournait la meule dans la prison.» Juges 16 :15-21.

Toujours pas sentimentalisme, Hérode décapita Jean-Baptiste pour plaire à sa nièce pour laquelle il avait des sentiments impurs.

« La fille d’Hérodias étant entrée, et ayant dansé, et ayant plu à Hérode et à ses convives, le roi dit à la jeune fille : Demande-moi ce que tu voudras et je te le donnerai. Et il ajouta avec serment : Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, jusqu’à la moitié de mon royaume. Et étant sortie, elle dit à sa mère : Que demanderai-je ? Et sa mère lui dit : La tête de Jean-Baptiste. Et étant revenue en toute hâte vers le roi, elle fit sa demande, et dit : Je veux que tu me donnes à l’instant, dans un bassin, la tête de Jean-Baptiste. Et le roi en fut fort triste ; cependant, à cause de son serment et des convives, il ne voulut pas la refuser. Et il envoya aussitôt un de ses gardes, et lui commanda d’apporter la tête de Jean. Le garde y alla et lui coupa la tête dans la prison ; et l’ayant apportée dans un bassin, il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la présenta à sa mère.» Marc 6 :22-28.

Hérode, qui avait pris la femme se son frère (Matthieu  14 :3-4), convoitait à présent sa nièce qui était aussi sa belle-fille. Cet homme est l’archétype de la personne qui pense pouvoir tout se permettre sous prétexte qu’il aime, qu’il est amoureux. C’est ainsi que de nos jours, au nom de cette forme d’amour qui n’a rien de divin, nos sociétés légifèrent pour autoriser toutes sortes d’unions immorales et contre nature.

L’amour selon Dieu n’a rien à voir avec une pulsion sexuelle qui nous pousse à déclarer et faire des choses insensées sur le coup des émotions qui nous submergent. L’amour véritable est saint, il ne s’accommode pas du péché. Bien au contraire, il y a un lien direct entre l’accroissement du péché et le manque d’amour : « Et parce que l’iniquité sera multipliée, la charité de plusieurs se refroidira. »  (Matthieu 24 :12).N’oublions pas que Jésus lui-même châtie ceux qu’il aime (Apocalypse 3 :19).

 AIMER COMME DIEU AIME

La Bible a été écrite en grande partie en hébreu et en grec, deux langues ayant un riche vocabulaire, notamment pour désigner les différentes sortes d’amours, que la langue française a du mal à traduire correctement.  Prenons quelques exemples dans la langue grecque.

  • Le terme « philadelphia » désigne l’amour fraternel, et dans le contexte des Ecrits de la Nouvelle Alliance, l’amour que se portent les frères et sœurs en Christ.
  • Le terme « philanthropia », qui a donné en français « philanthropie », désigne l’amour pour le genre humain et la bienveillance.
  • Le terme « philia » désigne l’amitié.
  • Le terme « eros » désigne l’attirance et le désir sexuel. Ce terme n’existe pas dans la Bible.
  • Le terme « agape » désigne la charité au sens chrétien du terme ; ce mot a pour racine le terme « agapao » qui signifie «accueillir, recevoir, aimer chèrement ».

A la lumière de ces définitions, il serait intéressant de voir de quel amour Dieu veut que nous nous aimions les uns les autres.

Existe-t-il un amour spécifique pour nos voisins, l’étranger, nos frères et sœurs, nos conjoints, nos parents, nos enfants, nos ennemis ? Pour en avoir le cœur net, passons au crible quelques versets bien connus.

 « Mais moi je vous dis : Aimez  [agapao] vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent ; faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous outragent et qui vous persécutent » Matthieu 5 :44.

« Jésus lui dit : Tu aimeras [agapao] le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. » Matthieu 22:37.

« Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras [agapao] ton prochain comme toi-même. » Matthieu 22 :39.

« Et Jésus, jetant les yeux sur lui, l’aima [agapao], et lui dit : Il te manque une chose : Va, vends tout ce que tu as, et le donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; après cela viens, suis-moi, en te chargeant de la croix. » Marc 10 :21.

« Car Dieu a tant aimé [agapao] le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » Jean 3 :16.

« Maris, aimez [agapao] vos femmes, comme Christ a aimé [agapao] l’Église, et s’est livré lui-même pour elle » Ephésiens 5 :25.

Notez bien que nous devons aimer nos ennemis de la même façon que nous aimons nos frères et sœurs dans la foi. Notez aussi que l’amour que nous devons manifester pour nos époux /épouses n’est pas « l’eros » mais « l’agape ». L’amour conjugal ne se résume pas à une affaire d’attirance physique et de sexualité. Le mariage est le cadre dans lequel doit s’exprimer au quotidien l’amour de Christ dans toute sa hauteur, sa largeur et sa profondeur.

 Qu’est-ce que l’amour ?  La Parole nous donne la réponse : « Dieu est amour [agapao] » (1 Jean 4 :8). L’amour n’est donc pas un sentiment. Jésus veut que nous aimions chaque homme comme lui nous aime. Voilà pourquoi le second commandement (« tu aimeras le prochain comme toi-même ») est semblable au premier (« tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur… »). Nous devons donc commencer par aimer Dieu pour ensuite savoir comment aimer notre prochain, car lui seul peut nous enseigneur sur l’amour véritable.  Il est écrit en effet que « l’amour [agapao] de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Romains 5 :8). Et comme Dieu aime tous les hommes, nous saurons aussi aimer par son Esprit les beaux comme les laids, les riches comme les pauvres, nos amis comme nos ennemis, les chrétiens comme les païens, sans avoir égard aux apparences ni aux circonstances.

EN PRATIQUE

Bien évidemment, il est impossible de parler de l’amour sans mentionner ce magnifique texte de l’apôtre Paul.

« Quand je parlerais les langues des hommes, même des anges ; si je n’ai point la charité, je suis comme l’airain qui résonne, ou comme une cymbale qui retentit. Et quand même j’aurais le don de prophétie, et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science ; et quand même j’aurais toute la foi jusqu’à transporter les montagnes ; si je n’ai point la charité, je ne suis rien. Et quand même je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, et quand même je livrerais mon corps pour être brûlé ; si je n’ai point la charité, cela ne me sert de rien. La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n’est point envieuse ; la charité ne se vante pas, elle ne s’enfle point d’orgueil ; Elle n’est point malhonnête ; elle ne cherche point son intérêt ; elle ne s’aigrit point ; elle ne pense point à mal ; Elle ne se réjouit point de l’injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; Elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout. La charité ne périt jamais. Quant aux prophéties, elles seront abolies, et les langues cesseront, et la science sera abolie ; Car nous ne connaissons qu’imparfaitement, et nous ne prophétisons qu’imparfaitement ; Mais quand ce qui est parfait viendra, alors ce qui est imparfait sera aboli. Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je jugeais comme un enfant, je pensais comme un enfant ; mais lorsque je suis devenu homme, j’ai abandonné ce qui était de l’enfant. Maintenant nous voyons par un miroir, obscurément, mais alors nous verrons face à face ; maintenant je connais imparfaitement, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. Maintenant donc, ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, la charité ; mais la plus grande d’elles est la charité. » 1 Corinthiens 13.

 

Toute pensée, toute parole et tout acte qui n’est pas conduit par l’amour n’est pas inspiré de Dieu et reste par conséquent vain. Ainsi, tout dépend des motivations. Prenons deux exemples.

Il est dit que l’amour se réjouit de la vérité. Si nous disons la vérité dans le but d’édifier, appeler à la repentance, éviter un danger, nous sommes dans l’amour. Si nous la disons dans l’intention de blesser, de casser, de décourager, par vengeance, on sort du cadre de l’amour. Contrairement à ce que disent certains, toute vérité n’est pas bonne à dire, pas plus que de dire tout ce que l’on pense, en particulier quand nos pensées ne sont pas sanctifiées. Par exemple, il n’y a rien d’édifiant d’aller dire à un homme en surpoids : « Hé, t’es gros ! »

C’est une bonne chose de faire acte de charité en aidant les nécessiteux. Celui qui le fait par amour le fera de bon cœur, discrètement, sans rien attendre en retour. Celui qui est en dehors de l’amour le fera savoir à son entourage, à commencer par le fisc pour avoir une déduction d’impôts.

« Quand donc tu feras l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin qu’ils en soient honorés des hommes. Je vous dis en vérité qu’ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite ; Afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père qui voit dans le secret te le rendra publiquement.» Matthieu 6 :2-4.

solidarite-invisibleL’amour envers le prochain se prouve au quotidien par la compassion, la miséricorde, la patience, la bonté, le pardon, la bienveillance, l’humilité, l’honnêteté, la justice, la vérité, le partage, la confiance, l’abnégation, la recherche de l’intérêt d’autrui et la capacité de se réjouir sincèrement du bonheur des autres quand on est soi-même dans l’affliction.

Puisse le Seigneur nous aider à nous aimer les uns les autres comme lui-même nous aime. Et n’oublions pas ces paroles du Maître : « C’est à ceci que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.» (Jean 13 :35).

Adèle F.

NB : La version de la Bible utilisée pour cet article est Ostervald.

 

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