Rody : Toujours avec toi

Rody : Toujours avec toi

 

Je suis né le 29 avril 1989 à Paris, dans le 18e arrondissement. Je suis le dernier d’une fratrie de quatre enfants. J’ai un grand frère et deux sœurs. J’ai grandi au sein d’une famille dite « chrétienne » car mes parents, non convertis, étaient catholiques plus ou moins pratiquants. Je n’ai pas le souvenir de les avoir déjà vus aller à la messe, mais ma mère en particulier me parlait parfois de Dieu et me disait d’avoir un bon comportement.

C’est ainsi que mes parents nous ont élevés, mon frère et mes deux sœurs, dans des valeurs bibliques telles que le partage, la charité ou encore le respect. Des deux, ma mère était celle qui croyait le plus en Dieu, sans pour autant aller au-delà de ce qu’elle avait appris au catéchisme. Enfant, elle me répétait souvent : « Ne fais jamais aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Et cette phrase est toujours restée dans ma tête. Je réalise maintenant que ces paroles adressées à l’enfant que j’étais étaient une semence que Dieu introduisait dans mon cœur, car ces dernières ne sont jamais sorties de mon esprit même si mon parcours est jalonné d’erreurs. J’y reviendrai un peu plus tard. Au vu de mon contexte familial, j’ai donc grandi en sachant que Dieu existe. Dès mon plus jeune âge, la réalité de Dieu  était une évidence car comme dit un peu plus haut, ma mère me parlait de lui. Pour moi, vers l’âge de 6-7 ans, Dieu était un grand monsieur très gentil et très puissant qui vivait quelque part dans le ciel. Il avait toujours été là, et il veillait sur les hommes, sur moi aussi. Je savais qu’il me voyait car dès que je faisais une bêtise, ma mère me disait d’un ton menaçant : « Même si nous on ne te voit pas, Dieu te voit ! ». J’ai aussi en tête les souvenirs des prières faites sur le coin du lit, à genoux, en récitant « Notre Père » avant de dormir. Quand j’avais peur dans l’appartement, je me promenais avec un crucifix croyant être protégé. Aujourd’hui j’y repense avec le sourire car bien évidemment, ce ne sont ni les objets ni les reliques qui protègent mais Dieu lui même (Psaumes 91) ! A propos de Dieu, je savais qu’il m’avait crée, qu’il me gardait, qu’il me protégeait et me voulait du bien, mais à part cela je ne le connaissais pas. Il était un être à la fois proche et lointain : proche car il veillait sur moi, et lointain parce qu’il était tout là-haut dans le ciel. Dieu n’était présent que le soir avant de dormir, et le matin au lever quand je pensais à lui dire merci.

Enfant_mainsLes années passaient et je grandissais selon la conduite que m’avait donnée mes parents. J’étais néanmoins un garçon assez filou, blagueur, et bagarreur. Il n’était d’ailleurs pas rare que je rentre à la maison tout sourire avec une lèvre fendue sous le regard médusé de mes parents. Aussi, les relations tendues entre eux m’avaient toujours interloqué. Toute ma vie je les avais vus se déchirer et se « battre » à coups de mots blessants, de disputes incessantes, de coups bas et j’en passe. Mais lorsque j’ai atteint l’âge de 9-10 ans, cela avait pris des tournures dramatiques. Plus je grandissais et plus l’atmosphère devenait lourde. Plus les années passaient, et plus  l’amour était remplacé par les mots violents qu’ils employaient l’un vis à vis de l’autre. Il n’était pas rare qu’on entende leurs disputes à plusieurs dizaines de mètres dans la rue, sans compter les assiettes qui volaient dans tous les sens. J’ai très souvent vu ma mère s’isoler dans sa chambre pour pleurer, bien qu’elle faisait tout pour ne pas nous montrer ses larmes. J’ai vu ce qu’est la situation d’un homme et d’une femme qui ne s’aimaient plus depuis des années, et qui, en guise de mots d’amour se lancent des anathèmes. A ce propos, j’aimerais interpeller les parents sur le fait de ne pas s’invectiver et surtout de rester tempérés devant les enfants car ces derniers entendent tout, et ressentent tout. Un enfant se sent en sécurité quand il voit ses parents unis. Jusqu’à un certain âge, les deux parents sont pour lui un véritable repère, une boussole, et les voir se déchirer a un impact sur ce dernier, comme cela avait eu un impact sur moi.Un rien pouvait tout faire exploser et l’atmosphère néfaste de la maison avait fini par gagner mon cœur. C’est en effet à cette période que j’avais développé en moi une colère due à ce que je voyais dans mon foyer. Cette colère avait accentué mon côté bagarreur et je me battais tout le temps. Je ne pouvais parler à personne de ce qu’il se passait chez moi donc j’intériorisais. Bien sûr, mon frère, mes sœurs et moi même avons plusieurs fois essayé de calmer la situation, mais à chacune de nos interventions la dispute empirait. Alors pour éviter toute amplification des conflits, nous, les enfants, étions chacun dans notre bulle. Mon grand frère était très rarement à la maison, et mes sœurs sortaient souvent aussi. Moi j’allais jouer au foot avec mes potes mais quand je rentrais, je restais dans ma chambre à essayer de penser à autre chose ou je faisais semblant de ne rien entendre. Mais la colère dans mon cœur se propageait, elle montait et dans mon silence, elle prenait plus d’ampleur. A ce moment, je ne pensais pas encore à Dieu. Pas encore…

La plus âgée de mes deux sœurs s’était tournée vers la Bible qu’elle lisait énormément. Malgré les problèmes de chacun, et la perte de repères dus à l’explosion du couple de mes parents, ma sœur avait trouvé en Dieu un réconfort, une paix. Plus elle lisait et plus elle était investie. Attirée par Christ depuis son adolescence, elle savait que ce n’était pas le catholicisme qui sauvait et elle voulait en savoir davantage sur Jésus. Elle s’était donc mise à le chercher. Elle priait tout le temps dans sa chambre et pouvait passer des nuits entières à méditer. Elle avait commencé à fréquenter des assemblées, et à chaque fois qu’elle revenait à la maison, elle nous partageait la Parole. Elle parlait de l’amour de Dieu, du sacrifice de Jésus pour nos péchés, de la conduite par l’Esprit, du parler en langue etc. Bien sûr, mes parents catholiques n’étaient pas en accord avec ses prédications qu’ils trouvaient extrêmes et trop surnaturelles, mais elles trouvaient en moi un écho favorable. Je comprenais petit à petit que Dieu n’était pas si lointain et que je pouvais lui parler directement. J’ai donc fait de Dieu mon confident. Dans ces situations de crise, je lui disais tout, absolument tout. Du plus banal : « Dieu tu sais aujourd’hui j’ai eu une bonne note en maths !», au plus évocateur :« Dieu, j’en ai marre de tous ces cris et de voir ma mère pleurer…». Ma relation avec le Seigneur a commencé à se développer à cette période. Il n’était plus seulement le Dieu du soir et du matin, mais aussi le Dieu de mes journées. J’avais enfin trouvé quelqu’un à qui parler, et même si je ne le voyais pas, je savais qu’il m’écoutait. J’avais 10 ans.

Un jour ma sœur est arrivée à la maison avec un monsieur qui se disait « prophète de Dieu ». La seule image que j’avais des prophètes était celle d’un personnage un peu déjanté tiré de l’album de Tintin, l’étoile mystérieuse. Bref, je voyais en cet homme un bel escroc. Mais plus il venait nous partager la Parole, et plus j’en apprenais sur Jésus. Je savais désormais qu’il était mort pour nos péchés afin que nous ayons le salut de nos âmes et que nous soyons délivrés. En parlant de délivrance, c’est à ce moment que j’ai découvert la réalité du monde spirituel. En effet, lorsque l’on priait, mon frère et mon cousin, qui venait nous visiter parfois, réagissaient de manière particulière. Je voyais mon frère écumer, les yeux révulsés et parlant avec une voix qui n’était pas la sienne. Il en était de même pour mon cousin. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait. J’avais peur mais j’étais aussi fasciné et j’essayais à chaque fois de comprendre pourquoi il y avait toutes ces manifestations. Je me rappelle que mon père, catholique de naissance, était très incrédule par rapport à ces choses. Mais dès qu’il a vu mon frère dans cet état, il a eu une réaction qui m’a marqué. C’est la première fois que je voyais mon père se lever et crier « AU NOM DE JESUS » ! Il y avait très certainement de la peur dans son cœur, mais aussi une révolte car je pense qu’il avait réalisé que ce n’était pas du cinéma mais que c’était bien réel. Au travers de ces délivrances, le Seigneur était en train de se révéler à toute ma famille. Même si à cette époque je ne comprenais pas tout, je savais qu’il se passait quelque chose en esprit. C’est aussi à cette période que j’ai su que les démons existaient, qu’ils étaient méchants et cruels, mais surtout que Dieu était largement plus fort qu’eux (Esaïe 59 : 19 ; Romains 8 : 31) car à la simple évocation du nom de Jésus, ils se manifestaient bruyamment et demandaient à quitter les corps. Ce fût LE moment où le Seigneur est entré véritablement dans la vie de ma famille. Mon père a vidé dans l’évier toutes ses bouteilles d’alcool, mes sœurs et mon frère ont décidé de suivre Jésus et de ne plus aller en boîte de nuit, et chacun, avec ma mère, avons accepté le Seigneur Jésus comme Seigneur et Sauveur. Il s’agissait là d’une véritable conversion car cette dernière était caractérisée par une réelle prise de conscience sur notre état spirituel et sur la nécessité de marcher avec Jésus. La conversion implique un changement d’attitude lié à une prise de conscience, et ce fût notre cas. De mon côté, j’ai arrêté de donner des coups de tête à tout va et mon cœur s’est apaisé petit à petit. J’ai remercié le Seigneur Jésus pour ce qu’il faisait, heureux de voir naître la réconciliation entre mes parents.

Ma marche avec le Seigneur

Durant cette période, j’ai commencé à lire la Bible de manière autonome. J’étais littéralement absorbé par toutes ces histoires merveilleuses : l’Exode des enfants d’Israël (Exode), Elie enlevé dans un char de feu (2 Rois 2 : 1-11), David vainqueur de Goliath (1 Samuel 17)… Et celles-ci me poussaient à chercher ce Dieu que je trouvais exceptionnel. J’étais tellement intéressé par les mystères de Dieu que le premier livre de la Bible que j’ai lu en entier était l’Apocalypse. Résultat : je n’ai absolument rien compris, et ça m’a valu de sacrés cauchemars en pensant à certaines images comme la bête qui monte de la mer (Apocalypse 13) ou le dragon poursuivant la femme enceinte (Apocalypse 12). Dieu s’est vraiment révélé à moi vers mes 10-11ans, quand j’ai lu le livre des Proverbes. J’ai tout de suite été attiré par la sagesse des paroles qu’il contient et plus je lisais, plus j’avais soif de connaissance et de sagesse. Je me rappelle un jour m’être exclamé : « C’est comme ça que je dois me comporter ! Il faut que je suive les instructions de ce livre, c’est ça la voie que je veux suivre  » ! J’étais comme un chasseur au trésor ayant trouvé la carte qui l’amènait à devenir à l’image de Christ. Cela m’a aussi permis de découvrir que Dieu est juste, bon, équitable, intelligent et surtout… SAGE. J’étais tellement impressionné par les préceptes des Proverbes que je mettais en corrélation les versets que je lisais avec les réactions des gens dans la rue. Il y a une telle précision dans la description du cœur de l’homme que j’en étais chamboulé. En Proverbes 4 : 23 il est dit : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, Car de lui viennent les sources de la vie ». Par ce passage, Dieu m’a enseigné que toutes les émotions venaient du cœur, et qu’une personne est en général dirigée par ce qu’il y a à l’intérieur de son coeur, que ce soit bon ou mauvais. J’ai surtout compris que Dieu prend soin du cœur de l’homme. J’ai donc décidé de prier pour que rien de mauvais n’entre dans mon cœur et pour que Dieu m’aide à le garder. Plus tard, je suis tombé sur le passage de 1 Rois 3 : 5-9, dans lequel Salomon demande la sagesse à l’Éternel. J’ai de suite prié pour avoir la sagesse de Salomon afin de faire les bons choix dans la vie, et pouvoir suivre les paroles de Dieu.

Quelque temps plus tard, nous nous sommes mis à chercher une assemblée pour prier et nous avons atterri dans une petite église d’une vingtaine de personnes à Saint Denis. Le pasteur nous avait accueillis et j’ai pu en apprendre davantage sur le Seigneur à travers les prédications. Je me rappelle d’un homme prêchant la parole avec simplicité et ayant en lui l’amour de Dieu. Petit à petit, l’assemblée a grandi et d’une vingtaine de personnes nous étions passé à plus de 200 ! J’avais  une quinzaine d’années et nous organisions régulièrement des sorties d’évangélisation, des spectacles et théâtres chrétiens. J’aimais parler de Jésus que ce soit à des inconnus ou à mes amis. J’avis un véritable zèle pour l’évangile, je me sentais dans mon élément. Ces années étaient celles ou le Seigneur avait développé ma passion pour lui. Je l’aimais tellement que je voulais en voir davantage avec lui. Au collège et surtout au lycée, pour me chambrer on m’appelait « révérend » à cause de mes prises de position pour Jésus ou ma manière de vivre. En effet, même si le pasteur de mon assemblée ne prêchait la sanctification qu’une fois tous les ans, le Seigneur avait mis dans mon cœur une conviction par rapport aux petites copines. Telle était ma réflexion de l’époque : « pourquoi perdre son temps à batifoler avec plusieurs filles alors que je ne me marierai qu’avec une seule ? Celle avec laquelle je sortirai, sera celle avec laquelle je me marierai ». Je trouvais donc le copinage et les flirts inutiles tant que je n’avais pas la conviction que ma petite amie serait ma femme. Néanmoins, comme tous les jeunes garçons, j’étais sollicité par des jeunes filles et cette pensée m’a beaucoup gardé. Avec le recul je me rends compte que c’est Dieu qui avait mis cette conviction dans mon cœur afin de me préserver. Je réalise aussi que c’est vraiment une grâce et je le bénis encore aujourd’hui pour cela. Entre temps, le Seigneur avait développé dans mon cœur la compassion pour les autres. Je ne pouvais rester indifférent face à une personne en souffrance. Dès que je voyais quelqu’un pleurer, j’étais tiraillé en moi même et j’allais voir cette personne. Je trouvais de la paix à consoler les cœurs meurtris à travers les paroles que Dieu me donnait. J’avais rencontré beaucoup de personnes de tout types qui souffraient de plusieurs maux de l’âme (peine, chagrin, désespoir, envies de suicide, haine à cause d’un divorce etc) et le Seigneur me donnait de leur parler et de les consoler par son Esprit. A chaque fois que je sentais que la paix revenait dans le cœur de quelqu’un, mon cœur était dans une allégresse indescriptible. Ma joie était de voir un cœur passer de l’ombre des ténèbres de la déprime, à la lumière de la consolation par Jésus-Christ. Et à chaque fois, je remerciais le Seigneur pour cette vie qu’il avait sauvée. Néanmoins, si je passais du temps auprès des autres, je ne remarquais pas que je m’oubliais et que surtout, j’oubliais de garder mon cœur comme le Seigneur me l’avait dit. Ainsi, par imprudence mais aussi par orgueil, je gardais tous mes problèmes pour moi. Autant j’étais ouvert vis à vis des autres, autant j’étais fermé vis à vis de moi même. L’orgueil en moi faisait que je n’acceptais aucune de mes erreurs, et surtout je ne voulais pas voir que dans mon cœur grandissait sournoisement une colère due à mes nombreuses intériorisations. Quand on me posait des questions sur mes ressentiments je ne savais pas quoi répondre car je ne savais pas parler de moi. J’avais des petites formules toutes faites qui élucidaient les questions et souvent les gens s’arrêtaient là.

Début de la déchéance

Dans l’assemblée ou je priais, le pasteur prêchait de moins en moins la sanctification au point même de ne plus le faire du tout. Plus le nombre de personnes augmentait, et moins il était intègre. Nous avions un groupe de louange qui répétait le samedi matin, allait en boîte le soir même, et jouait le lendemain matin au culte. Au niveau de la jeunesse, c’était la catastrophe. Tout le monde sortait avec tout le monde. Le guitariste sortait avec une « chantre », puis celle ci sortait avec le batteur qui lui même sortait avec une autre fille de l’assemblée, qui elle sortait avec un autre « chantre » d’une autre assemblée ! Bref, la catastrophe. Le pasteur et ses collaborateurs le savaient, mais ils ne faisaient rien pour empêcher de tels comportements, et dans mon cœur j’étais quelque peu troublé à cause de ça. J’avais lu dans 1 Corinthiens 6 : 9-10 que « ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu ». Alors je ne comprenais pas pourquoi le pasteur laissait faire. Aussi, certaines personnes étaient mises en avant alors qu’elles n’étaient même pas converties, mais juste parce qu’elles avaient le porte-monnaie bien garni. Encore une fois j’étais troublé car je savais que Dieu ne fait pas de favoritisme et qu’il est équitable avec tous (Psaumes 45 : 6). Aussi, l’avarice avait fini par gagner le cœur de beaucoup. Un jour, il a fait appel à un serviteur de Dieu Mamon, pour lever des fondsCet individu, après avoir prêché l’évangile de prospérité, avait menacé toute l’assemblée de malédiction si quelqu’un sortait de la salle avec ne serait-ce qu’un centime ! Les gens s’étaient mis à fouiller dans les tréfonds de leurs sacs par peur d’être maudits et ils accouraient devant l’estrade (refaite à neuf au passage) pour déposer l’argent dans un grand panier. De mon côté, je ne comprenais pas que Dieu puisse approuver de telles choses, car à l’époque je pensais que cet homme était un serviteur de Dieu. Bien sûr, Dieu réprouvait ces comportements, mais je ne le savais pas. Je suis rentré chez moi quelque peu dépité mais je me suis fait une raison… Les mois passaient et je voyais davantage de similitudes avec le monde qu’avec la Parole. L’année suivante, vers mes 16-17ans, lassé par tant d’hypocrisie, j’ai quitté l’assemblée. Toutes ces situations avait fini par me dégoûter et encore une fois je ne comprenais pas que Dieu puisse permettre toutes ces choses. Mes parents se déchiraient de nouveau, et entre temps, la solitude en moi et les années d’intériorisation avaient fait des ravages. Je devenais de plus en plus aigri et solitaire. Je commençais à cultiver des pensées de haine vis à vis des autres. Je me suis mis à écouter plus qu’avant encore les musiques païennes, ce qui polluait mon esprit et alourdissait davantage mes pensées. Après mes six petites années de conversion, j’étais dépité. Je parlais à Dieu et ne comprenais pas pourquoi il permettait que mon âme soit en souffrance, que des hommes qui le servent aient de telles attitudes sans qu’il les réprimande. Je n’avais connu que cette assemblée et pour moi le service de Dieu se résumait à ce que j’y avais vu. Mais comment pouvait-il agréer ces manières de faire ? Je fini par me dire : « Si ce que j’ai vu correspond au service de Dieu, alors je préfère ne pas le faire !» Cette phrase a marqué la transition de mon passage dans le monde.

Un monde pourri

Étant donné que depuis petit, je m’efforçais à suivre les commandements du Seigneur, je ne connaissais pas vraiment le monde. Et bien aimés, je peux vous assurer que j’aurais préféré ne jamais le connaître. Je pensais y trouver une sorte de satisfaction, j’y ai trouvé la pourriture, la haine, la suffisance dans l’apparence, le manque d’amour et de paix. J’ai vu à quel point le monde et les gens sont mauvais. J’ai commencé moi aussi à insulter, à être parfois cruel, méchant, calomniateur, et menteur. J’utilisais la sagesse que Dieu m’avait donnée pour faire le mal. Je marchais dans la rue chemise ouverte, et rempli de haine. J’ai orné les murs de ma chambre d’idoles païennes, et je les ai idolâtrées. Telle était devenue ma vie, quelle bassesse ! Je voyais aussi l’énergie dépensée par les païens (dont je faisais maintenant partie) pour trouver le bonheur sans jamais y parvenir. J’ai vu que la recherche de la paix se faisait par la satisfaction des plaisirs charnels sans jamais la trouver. Il n’y a qu’une seul véritable paix, c’est celle que Jésus donne : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point » (Jean 14 : 27). Cette paix, je l’avais totalement perdue. Bien aimés, quand vous avez goûté à la paix de Jésus et que vous la perdez, c’est comme un saut du dixième étage. C’est un sentiment de douleur inexplicable. Ainsi, plus je m’enfonçais dans le péché, plus mon cœur me tourmentait. Mes actes et ma vie me donnaient envie de vomir, et une voix dans mon cœur me répétait souvent : « Qu’est-ce que tu fais dans cette situation ? Sors de là et reviens vers moi ! ». Le Saint Esprit m’interpellait mais je ne voulais plus rien écouter. Néanmoins, même si j’étais dans le monde, je ne pouvais aller au-delà de certains principes comme la virginité jusqu’au mariage, ou encore une certaine empathie vis à vis d’autrui. Aussi, je ne supportais pas que quelqu’un se moque de Jésus, et j’entrais parfois dans quelques débats théologiques pour prouver qu’il était le véritable Dieu. Malgré mes pérégrinations dans le monde, je sentais dans mon cœur que le Seigneur me manquait.

Back to home

 Un soir, mon meilleur pote de l’époque m’a proposé de passer la nuit chez l’une de ses amies à Paris en me précisant qu’elle serait avec une autre amie à elle. Sachant que je passais très peu de nuits hors de chez moi, j’ai appelé ma mère pour la prévenir que j’allais dormir chez un ami. D’habitude cela ne posait aucun problème, mais là, à mon GRAND étonnement, elle a refusé. Elle était tellement catégorique que j’ai commencé à me disputer fortement avec elle au téléphone, mais rien n’y faisait. Pour vous dire la vérité, j’ai rarement vu ma mère, habituellement calme et douce, si déterminée et autoritaire. C’était vraiment particulier, et même si je m’étais déjà rebellé contre mes parents, je ne pouvais aller au delà de l’autorité qu’elle déployait ce soir-là. Dépité et très énervé, j’ai pris le chemin du retour en me demandant pourquoi elle avait dépensé autant d’énergie pour m’empêcher de dormir à l’extérieur. Plus tard, le Seigneur me dira que si j’étais allé dormir chez cette fille, j’aurais perdu ce trésor et cette grâce qu’il m’a donnée de n’avoir jamais eu aucun rapport sexuel. En vérité, il était passé par ma mère ce soir là pour m’en empêcher. Aujourd’hui encore, je le remercie du fond de mon cœur…

Une fois à la maison, rempli de colère, je me suis brouillé fortement avec ma mère et me suis  ensuite enfermé dans ma chambre. Vers 23h j’ai reçu un coup de fil de ma seconde sœur (mes deux sœurs étaient mariées depuis peu), pour m’inviter dans une assemblée à Sarcelles. Refus catégorique de ma part. Mais elle insistait de manière inhabituelle. Après de longues tractations, et blasé par la soirée que je venais de passer, je lui ai répondu favorablement en espérant qu’elle ne viendrait pas me chercher. Le lendemain, elle était en voiture sous ma fenêtre… Une fois au culte, la personne qui prêchait parlait de la sanctification, de l’acte salutaire de se sanctifier pour aller au ciel. En parallèle, il dénonçait le péché et appelait les hommes et les femmes à la repentance. Je me rappelle l’avoir regardé fixement l’air agacé, me disant en moi-même : « Mais pour qui il se prend lui ?» Je me souviens aussi avoir maintes et maintes fois regardé la porte en me disant que j’allais partir, mais mes pieds ne voulaient pas décoller du sol. Ma chair voulait s’en aller, mais mon esprit voulait rester. Je me répétais ces paroles : « Ce serait bête d’aller en enfer quand même… Après avoir connu Dieu, ce serait vraiment stupide…». Soudain, c’est comme si dans mon cœur réagissait quelqu’un à qui je ne parlais plus : le Saint Esprit. Je suis rentré en moi-même, et me suis souvenu de ma vie avant que j’aille dans le monde. Je songeais à Jésus, mon Ami, qui avait été présent depuis ma toute petite enfance. Je me suis rappelé de celui qui séchait mes larmes et me prenait dans ses bras. Je me suis remémoré ces instants où il me faisait rire, et j’ai songé avec nostalgie à la paix qu’il insufflait en moi. En rentrant à la maison, j’ai commencé à pleurer. J’étais triste car je savais que pendant plus d’un an, je n’avais pas été agréable à Dieu. Durant les jours et les semaines qui ont suivi, je n’ai pas cessé de m’interroger sur mon état spirituel et moral. Je n’arrivais plus à commettre les mêmes actes qu’avant et j’ai crié au Seigneur : «  SAUVE-MOI » ! Conscient que je m’étais perdu et désirant plus que tout revenir à Jésus, j’ai fait cette prière : « Seigneur, pardonne moi pour mes péchés car j’ai été injuste envers toi. Tu as toujours veillé sur moi, tu as toujours été là, me tendant la main alors que je ne le méritais pas. Je me trompais : Ce n’est pas toi qui m’as abandonné, c’est moi qui t’ai laissé. Je veux retrouver cette relation d’intimité que j’avais avec toi. Je te demande pardon de m’être éloigné de toi si longtemps. Seigneur, sois de nouveau mon ami. Jésus, est-ce que tu veux bien de moi » ? Dès cet instant, les chaînes du péché se sont brisées en moi et j’ai senti un vent de paix et de soulagement envahir mon cœur. J’ai arraché les posters que j’avais collés sur mes murs, j’ai délaissé la musique du monde, les convoitises, le mensonge, la méchanceté, et je suis revenu aux pieds du Seigneur. Je regardais de nouveau vers les cieux, un sourire aux lèvres. Je méditais la Parole comme jamais, et je passais des heures dans la communion avec mon Dieu. J’étais comme un homme libre qui avait été étouffé, et qui pouvait maintenant respirer ! Je me sentais pousser des ailes, je n’avais jamais été aussi heureux de toute ma vie ! C’est à cette période que le Seigneur, dans ma chambre, avait pointé le problème de l’intériorisation et de ce qu’il y avait dans mon cœur (la solitude, la colère, la rancune et l’orgueil). L’Esprit me donnait de regarder ces choses en face, il brisait ma chair en me faisant manifester son fruit (Galates 5 : 22), et les sentiments cités ci-avant s’écrasaient petit à petit sous le poids de la délivrance du cœur.

Pour terminer, j’aimerais citer un passage biblique assez révélateur :

« Il dit encore: Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père: Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche. Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les pourceaux. Il aurait bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait. Étant rentré en lui-même, il se dit: Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai: Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils; traite-moi comme l’un de tes mercenaires. Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa. Le fils lui dit: Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Mais le père dit à ses serviteurs: Apportez vite la plus belle robe, et l’en revêtez; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds. Amenez le veau gras, et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous; car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir. Or, le fils aîné était dans les champs. Lorsqu’il revint et approcha de la maison, il entendit la musique et les danses. Il appela un des serviteurs, et lui demanda ce que c’était. Ce serviteur lui dit: Ton frère est de retour, et, parce qu’il l’a retrouvé en bonne santé, ton père a tué le veau gras. Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer. Son père sortit, et le pria d’entrer. Mais il répondit à son père: Voici, il y a tant d’années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. Et quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c’est pour lui que tu as tué le veau gras! Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi; mais il fallait bien s’égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu’il est revenu à la vie, parce qu’il était perdu et qu’il est retrouvé » Luc 15 : 11-32.

Cette parabole relate assez bien l’histoire de ma vie. Et je voudrais exhorter ceux qui se sont peut-être perdus et qui liront ce témoignage, à rentrer en eux-mêmes, et à retourner dans la bergerie, auprès du Bon Berger.

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